Осенняя прогулка в Бургундии по местам Ламартина

Редко французский поэт девятнадцатого века был бы настолько отождествлен со своей родиной, как Альфонс де Ламартин. От Макона, где он родился, до Милли, которая видела его взросление, и до замка Монсо до Сен-Пойнт, где он отдыхал - пространство Ламартина принадлежит как литературе, так и туризму. Мы проходим через эти места с памятью поэта, который всю свою жизнь был им верен.

Источник: Le Figaro Voyage

Le Mâconnais célèbre le 150e anniversaire de la mort d’Alphonse de Lamartine. Une route portant son nom traverse les paysages de l’œuvre du poète, tandis qu’un espace muséal passionnant vient d’être inauguré.

La région vallonnée, semée de bourgs en pierres blondes, alternance de vignes, de bois et de prairies, tranchée par la voie du TGV comme par une lame d’acier, offre des paysages qui ont sans doute quasiment le même aspect qu’au temps de Lamartine. Et pour cause, la présence des crus du Mâconnais a rejeté loin l’urbanisation, préservant ce territoire de balafres citadines.

Une route en lie les principales étapes, un peu comme la reliure d’un même ouvrage. Elle constitue «une belle rencontre avec la campagne mâconnaise qu’incarne et revendique Alphonse de Lamartine», fait remarquer Michèle Moyne-Charlet, la directrice du Musée d’art et d’histoire de Mâcon.

À Mâcon, la terre natale.

Dans cette jolie ville des bords de Saône qui marque l’entrée du Val lamartinien, le poète qui y est né, dans une maison aujourd’hui disparue, est partout. Il a donné son nom à un quai, une rue, une crêperie, une épicerie… Mais surtout à un espace que le superbe Musée des Ursulines lui consacre depuis le milieu de l’été. Cinq sections présentent une centaine d’œuvres: l’entourage familial, les voyages, la carrière politique, le retour à l’écriture et l’hommage posthume.

La première partie, qui traite de sa présence dans le Mâconnais, est la plus passionnante. On y découvre le mobilier Charles X du salon du château de Saint-Point, mais aussi le célèbre portrait en pied de Lamartine par Henri Decaisne que les livres scolaires ont rendu populaire.

Avec la grande toile romantique de Saint-Point, que le poète reçut en cadeau le jour de son mariage avec la ravissante Anglaise Mary-Ann Birch, le décor est planté. Celui de la douceur de vivre d’un séducteur dont l’élégance et la beauté rythmèrent une existence heureuse d’aristocrate et d’homme politique comblés. On trouve dans d’autres salles des objets rares comme une édition originale de l’Histoire des Girondins qu’il écrivit en 1847 et qui contribua à la révolution de 1848.

Dans la dernière section, les projets des statues que Mâcon lui éleva sont intrigants et rappellent opportunément le goût de l’époque et la place que le poète occupa au lendemain de sa mort dans le cœur des Français. C’est le sculpteur Falguière, dont on observe la maquette, qui l’emporta: un Lamartine sur lequel souffle le vent du romantisme.

Le Musée des Ursulines est à parcourir aussi pour le reste de ses collections. Quelques trésors de la peinture universelle occupent les salles du deuxième étage, sans lien avec Lamartine, mais avec l’histoire de l’art. Au milieu des œuvres de Mignard, de Nicolas de Largillière, de Greuze, du Titien ou de Courbet, on trouve une nature morte de Jean-Baptiste Belin qui, fait extraordinaire, était accrochée dans la chambre de Louis XIV à Marly. Un ensemble exceptionnel qui mériterait un meilleur éclairage et une présentation plus aboutie.

Milly, la maison d’enfance

On arrive au village de Milly, devenu au début du siècle Milly-Lamartine, par une route sinueuse et pentue. En deux ou trois virages, nous voici au cœur du bourg où a battu celui de Lamartine. Milly, la maison de l’enfance, celle de la joie de vivre, de la fratrie réunie (Alphonse avait cinq sœurs), est toujours là derrière ses grilles, dans sa plaisante sagesse. On en gravit le perron dont les marches légèrement affaissées (Lamartine disait «désunies») semblent retenir l’empreinte légère de son pas.

La demeure,«chaumière où du foyer étincelait la flamme», a donné naissance à l’un de ses plus célèbres poèmes Milly ou la terre natale, écrit comme un manifeste en 1827, alors que son père envisageait de la vendre. Il contient ce vers iconique de la littérature mondiale:«Objets inanimés, avez-vous donc une âme…» Pourtant c’est le poète brisé de douleur qui sera contraint de vendre la maison, en 1860 à un ami, via un marchand de biens dont les descendants l’occupent toujours et la font visiter.

Du temps de Lamartine, il demeure la cuisine et son évier, les sols de pierres de Bourgogne et cette âme de maison de famille, fraîche et sombre. Feu l’ancien président de la République François Mitterrand affectionnait tant ce lieu qu’il y vint vingt-cinq fois, n’omettant pas de se promener dans le parc clos, ombragé des quatre cèdres du Liban, monumentaux, que le poète se vantait d’avoir plantés.

6, rue Lamartine, Milly-Lamartine. Tél.: 06.42.71.79.06

Montceau, le château de la gloire

À quelques kilomètres de Milly-Lamartine se trouve le château de Montceau reçu en héritage de sa tante. Lamartine l’habita en alternance avec Saint-Point et Milly, avant de s’y installer définitivement après le décès de sa fille en 1832. C’est le château de sa gloire: il l’occupa au sommet de sa carrière politique et de sa notoriété, y reçut beaucoup. Victor Hugo, George Sand, Honoré de Balzac, Alexandre Dumas…

Distante d’une dizaine de kilomètres à peine de Mâcon, la maison est facile d’accès, accrochée à un petit mont planté de vignes et d’où s’échappe une grande allée d’herbes. En la suivant sur les traces du poète, on dégringole jusqu’à «La Solitude», un pavillon en rondin de bois de bouleau, de charme et d’acacias sur un tertre, en fait une grotte artificielle.

C’est ici qu’Alphonse de Lamartine écrivit L’Histoire des Girondins. On y voit toujours une table, une chaise et cette fenêtre par laquelle il embrassait le paysage vallonné du Mâconnais. L’endroit porte bien son nom, esseulé au bout d’un chemin caillouteux. Bouleversant de beauté, protégé au titre des monuments historiques, il est la propriété de l’académie de Mâcon que présida un moment Lamartine, et qui le fait parfois visiter.

Le château de Montceau, avec sa petite chapelle enserrée dans les habitations, a conservé la galerie extérieure que fit construire Mary-Ann pour desservir les salons. Une fondation lyonnaise qui vient en aide aux personnes âgées en est aujourd’hui propriétaire et la demeure n’est pas ouverte au public. On peut malgré tout s’approcher des extérieurs.

Montée de Montceau, 71960 Prissé

Saint-Point, le tombeau

Un peu plus éloigné de Mâcon, et enfoncé dans l’étui vert de la campagne sans aucun vignoble à l’horizon, le château de Saint-Point apparaît au détour d’une route isolée, posée sur un coteau. Offerte à Lamartine en avance d’hoirie par son père, au moment de son mariage avec Mary-Ann Birch, la fière bâtisse s’enrichit de touches néoclassiques chères aux demeures anglaises de l’époque.

Dans les allées du somptueux parc, on se croirait davantage en Écosse que dans le Mâconnais. Le perron comme la tour et certaines ogives des fenêtres sont franchement très dépaysants.

L’intérieur du château garde des décors lamartiniens comme des pièces tendues de cuir de Cordoue. Dans le bas du parc qui communique avec l’église du bourg, se trouve le tombeau du poète, dans lequel il fut déposé le 4 mars 1869. À gauche, une plaque posée par François Mitterrand rend hommage à l’homme d’État. Le silence est total comme si les prés d’alentour veillaient sur lui. Selon sa volonté ont été gravés les mots «Speravit anima mea», «mon âme a espéré».

Сайт замка Ламартин: Chateau Lamartine

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